Présentation du projet
La création du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) représente le premier véritable transfert d’un musée national en région. Héritier des collections du Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), le nouveau musée va mettre en œuvre un projet résolument multidisciplinaire et élargir les collections au bassin méditerranéen, ce qui sera accompli grâce aux lancements de nouvelles enquêtes-collectes ethnologiques. Entre la date officielle de sa création, en 2005, et son ouverture au public, en juin 2013, le musée se déploie en ligne en proposant de nouveaux sites web thématiques. Véritables projets éditoriaux, ils ont été durant les quatre premières années de fermeture un moyen privilégié de valorisation des collections du musée et de la recherche, notamment des enquêtes-collectes. Les huit productions furent hébergées sur le site Ministère de la Culture, où elles étaient rassemblées au sein de la collection Recherches ethnologiques. Techniquement obsolètes car ils utilisaient abondamment la technologie Flash d’Adobe, ces sites ont été mis hors ligne fin 2020.
La disparition de ces sites a conduit à une prise de conscience de leur importance. Certains sites proposaient des descriptions précises et exhaustives des collections comme Cornemuses d’Europe et de Méditerranée réalisé sous la conduite scientifique de Marie-Barbara Le Gonidec. Sur ce site, certaines fiches étaient plus complètes que celles dont disposait le Mucem dans sa base documentaire.
L’idée du projet Virtuel Mucem prit forme lors d’une discussion en marge de la 5ème conférence RESAW accueillie par le Mucem en juin 2023. Archivés par la Bibliothèque nationale de France (BnF) dans le cadre de sa mission de dépôt légal de l’internet français, une reproduction a été fourni au Centre de conservation et de ressources du Mucem.
Il s'agit d’expérimenter une forme de remédiation des sites archivés par un dispositif éditorial et technique complet. Le regard porté sur ces matériaux passés est également au cœur du projet, car ces sites sont les composants d’une triple histoire : celle des enquêtes-collectes et des collections du musée, celle de l’internet et des médiations numériques, celle d’une institution en devenir qui cherche à innover.
Les objectifs du projet étaient à la fois documentaires et techniques. Il a été nécessaire de procéder à un traitement archivistique des sources locales, de les compléter par des enquêtes orales menées auprès des producteurs des sites et enfin d’intégrer les archives web de la BnF. En parallèle, une instruction technique a permis de réaliser un travail inédit d’empaquetage des archives du web afin de proposer une archive secondaire de chacun des sites, qui soit bien délimitée et la plus complète possible. Suite à ces deux tâches menées simultanément, l’équipe projet a mis en place une interface éditorialisée de remédiation des sites consultable dans les murs du Centre de conservation et de ressources du Mucem.
Ce projet de remédiation a bénéficié du soutien du BnF Datalab et a été porté par trois partenaires : le Mucem, l'Université d'Aix-Marseille et la BnF. Il porte une dimension collégiale et expérimentale. Il a rassemblé durant une année plus de quinze personnes, archivistes, documentalistes, bibliothécaires, informaticiens et historiens, mais aussi les conservateurs, ethnologues et équipes techniques impliquées dans la production de certains des sites.
Nous souhaitons donc remercier toutes les personnes qui ont contribuées à la réalisation de ce projet (par ordre alphabétique) :
- Jérôme Acquafresca (Mucem, DSI),
- Sara Aubry (BnF),
- Marie-Charlotte Calafat,
- Géraldine Camile (BnF),
- Jean-Pierre Dalbéra (Mission recherche et technologie du Ministère de la Culture),
- Mohan Danabalou (Mission recherche et technologie du Ministère de la Culture),
- Sarah Dietz (Mucem),
- Simon Dumas-Primbault, professeur junior CNRS de science ouverte en SHS (OpenEdition),
- Alexandre Faye (BnF),
- Jasmine Fejzovski,
- Sophie Gebeil, maîtresse de conférences en Histoire et vice-présidente déléguée aux Sciences de l’Homme et de la Méditerranée (AMU, UMR TELEMMe),
- Mireille Jacotin, conservateur en chef, responsable du Pôle Vie Publique (Mucem),
- Édouard de Laubrie, chargé de collections et de recherches, responsable du Pôle Agriculture et alimentation (Mucem),
- Marie-Barbara Le Gonidec, ingénieure d'étude du ministère de la Culture, laboratoire Héritages (UMR 9022, Cergy Paris Université - CNRS - ministère de la Culture),
- Audrey Pety, designer (Laboratoire d’innovation numérique de la CNIL),
- Charles Riondet (Mucem),
- Chloé Sussan-Molson,
- Filippo Vancini, responsable d'exploitation multimédia (Mucem),
- Yannick Vernet, responsable du fablab et des projets numériques (ENSP Arles).